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Ce site est dédié à la chapelle Sainte Catherine du port d'Auvillar, elle devrait être rénovée prochainement. Merci de votre visite...

Auvillar, nid d'aigle, suspendu à quelque cent mètres au-dessus de la rive gauche de la Garonne scrute l'horizon depuis l'époque gallo-romaine.

Au pied de la falaise, paut-être même avant la construction de la ville haute, s'installe une bourgade de pêcheurs qui devient dès le XIIème siècle un port important sur la Garonne.

Mais au cours du premier millénaire et dès l'époque carolingienne une première chapelle aurait été construite au centre de ce village de pêcheurs.

Cette chapelle chef-lieu d'un prieuré dont Vital de Ruppé, clerc, fut pourvu par lettre de l'évêque d'Agen en date du 8 des calendes d'octobre 1299, sur la présentation de l'abbé de Belleperche. L'abbaye de Belleperche était à l'époque une puissante abbaye cistercienne située à quelques vingt kilométres en amont d'Auvillar sur la même rive de la Garonne.

Cette modeste chapelle dessert ensuite une maison de pauvres ou d'hospitalité pour laquelle l'hospitalier fait hommage le 23 juillet 1323 à Bernard de Servola abbé de Belleperche d'une paire d'éperons dorés qu'il est tenu de lui donner à chaque mutation de seigneur. Cette église se retrouve sous le vocable de Sainte Catherine.

Les siècles passant, taraudée par le temps, sans doute en fort mauvais état, Sainte Catherine est reconstruite au tout début du XIVème siècle à la demande du pape Clément V (Bertrand de Goth). En effet Clément V "pape itinérant" faisait de longs séjours à Auvillar, son frère ainé Arnaud-Garcie de Goth étant alors vicomte d'Auvillar et de Lomagne.

Chapelle d'hospitalité, elle devient aussi la chapelle des bateliers de Garonne. A quelle époque exactement, nul ne le sait, sinon entre la première et deuxième construction.

Et pourquoi sous le vocable de Sainte Catherine ?

Elle pouvait certes être déjà dédiée à Sainte Catherine au moment de sa première construction, mais alors on peut se poser la question de savoir pourquoi tous les petits ports sur la Garonne ont leurs statues de Sainte Catherine, leurs tableaux représentant la Sainte, leurs rues, et même leur chapelle comme à Agen.

Jacques de Voragine dans la Légende Dorée, raconte la légende de la Sainte, elle est patronne des philosophes, mais le récit de l'auteur ne donne aucune explication sur le choix de "Catherine d'Alexandrie" patronne des bateliers de Garonne.

Telle qu'elle se présente aujourd'hui, elle semble bien appartenir au XIVème siècle, avec son portrait à voussures de briques et ses deux travées inégales, dont la première, celle du choeur, se termine par un mur de chevet à deux pans coupés. Les ogives de la voûte ont disparu ; il en reste la retombée marquée par une imposte à fortes moulures. Il est visible que la construction actuelle repose sur des bases plus anciennes qui se distinguent par des briques plus épaisses et un mortier plus graveleux.

Au-dessus du portail se trouvait, encastrée dans le mur, la pièce la plus ancienne de l'édifice, c'est-à-dire une pierre carrée ornée d'un chrisme.

Le monogramme du Christ, sculpté dans un calcaire local très friable et aujourd'hui dégradé, s'inscrit dans un cercle festonné. Il est fait des lettres traditionnelles de l'alphabet grec X (chi) et P (rho) accompagnées de part et d'autre de l'Alpha et le l'Omega. Le croisement des deux lettres principales s'élargit pour dessiner une rosace, les lettres sont largement tracées. Aux quatre angles, en dehors du cercle, se trouvent deux volutes en forme de crosse qui se font face et se prolongent vers le bas chacune par un trait qui les sépare et les réunit à la fois.

On a souvent attribué ce chrisme à l'époque carolingienne. Il constitue certainement un remploi ; mais la présence d'un S latin, et non pas d'un Sigma grec (autant qu'on puisse en juger) à la base du P, indique, semble-t- il, une époque relativement récente : on pourrait alors le dater de l'époque romane, malgré un certain archaïsme dans la facture.

Au cours des siècles des réparations ont été réalisées.

Aux archives Départementales de Montauban, nous pouvons consulter un état supplétif au devis estimatif de réparations ordonnées à la Chapelle Ste Catherine par le maire Larroque (l'Aîné) en 1807 et 1808. Le montant total s'élève à : 100L et 40S.

Plus tard, entre 1875 et 1878 nouveaux travaux pour réparer les dégâts occasionnés par la crue de la Garonne du 24 juin 1875. Le préfet alloue une aide de 1000F et le ministre de l'instruction publique, qui était celui des cultes verse la même somme : 1000F.

Actuellement cette chapelle est complètement désaffectée.

Une charpente posée à même les murs a remplacée vraisemblablement la voûte d'ogives. La toiture faite en tuiles mécaniques n'est même plus étanche.

  

L'HISTOIRE DE LA CHAPELLE STE CATHERINE